Rien à dire, rien à faire. Je suis là, je m'aime, je ne m'aime plus, les gens me gênent, m'embarrassent, je les admire pour leur inconscience naïve et leur manque de courage, je me hais, je me dis que je devrais partir loin de tout, j'abandonne, non je dois rester ne serait-ce qu'en tant qu'observatrice, je suis lâche, je suis faible, je suis égoïste. Je suis, je suis. C'est tellement plus facile que d'être bon. La lassitude me pèse mais je ne vis que pour vivre, mon rêve est d'en trouver un qui me soit propre et non des lambeaux empruntés à vous, à eux, à tous ceux qui m'ont efleurée, touchée, salie, embellie, réinventée, tuée, jetée par la fenêtre ou élevée aux cieux. Si je me crois supérieure? Vous vous égarez complètement mes pauvres chéris. Je suis vous, je vois à travers vos beaux yeux pleins d'éteincelles, vos oreilles pleines de douces mélodies. Je suis la Folie, la Douceur, le Chagrin, le Désespoir, la Vie, la Mort. Comme chacun de vous. Eveillez-vous de ce lent sommeil aveuglant, ressentez chaque parcelle, chaque atome, chaque particule composante de cet univers que vous découvrez à peine. La sagesse de l'expérience n'a d'égale que celle de la beauté. Quel bonheur.
P.s. Je ne suis pas allée voir la "Subversion des images" crapule, mais je compte bien y aller (fervente admiratrice de Man Ray que je suis)...